vendredi 26 octobre 2012

Enseignement vs. pratique


Il est courant d’opposer enseignement et pratique, dans le sens où nous avons tendance à voir l’enseignant comme quelqu’un qui démontre et supervise, avec le risque malheureusement que faute de pratique l’enseignant finisse par régresser. Bien sur démontrer et répondre aux questions des élèves peut permettre d’évoluer mais à mon avis jusqu'à un certain point seulement. Les questions possibles ne sont pas infinies et les réponses ont vite fait de devenir toutes faites.

Je me souviens de mes premiers cours à Nantes et de ce mélange de plaisir et de frustration. Plaisir de partager et frustration de ne pouvoir pratiquer avec l’intensité qu’on le voudrait, force de regarder et corriger, se plaçant comme un observateur plus que comme un acteur. J’aime être un acteur, sentir ma technique et ma compréhension évoluer au fur et à mesure des années, sortir de l’entrainement avec l’impression du devoir accompli. En arrivant en Asie, j’ai arrêté d’enseigner pour de nombreuses raisons, l’une d’entre elles étant ce besoin de progresser d’abord avant de transmettre quoi que ce soit.

Mais une phrase qui m’avait été dite avant mon départ à propos de Dani Faynot (6e dan de NTJ et responsable mondial de l’Arnis Doblete Rapilon) a fini par prendre tout son sens : « Dani n’enseigne pas. Il s’entraine, et si tu es là tu peux t’entrainer avec lui ». C’est aussi plus ou moins ce que fait mon professeur d’Aikido, qui démontre les techniques tant de fois qu’il finit par pratiquer plus que nous. Je n’en suis pas là, mais dès le salut mon cours se place sous l’angle d’un entrainement ensemble, plus que d’un enseignement vertical.

Dès le salut

Le salut en Nihon Tai Jitsu est à genoux et généralement marqué par trois temps :
-          Shomen ni Rei (salut du shomen, respect de la tradition et des anciens)
-          Sensei ni Rei (salut des élèves au professeur)
-          Otagani ni Rei (salut entre élèves)

Volontairement je saute le deuxième salut et m’incline lors du troisième, auquel le sensei ne participe normalement pas. Dès ce moment, j’indique que je compte participer à la pratique, au-delà de mon statut, et que comme eux je suis là pour apprendre et améliorer mon niveau.

Lors du cours

Si nous sommes en nombre pair, je prends un partenaire quelques minutes puis change régulièrement pour voir tout le monde. Si nous sommes en nombre impair je me contente de passer de groupe en groupe. J’ai la chance d’avoir des groupes réduits et il me tient à cœur de faire la technique à tous et que tout le monde me la fasse. Les arts martiaux sont avant tout affaire de sensation et copier le mouvement ne suffit pas toujours. Sentir la technique des maitres  et enseignants que j’ai eu la chance de rencontrer m’a énormément apporté et il me semble essentiel sentent le mouvement et l’impact qu’il a sur leur corps. A l’inverse, réaliser sa technique sur quelqu’un d’avancé permet de percevoir des erreurs qui ne seraient pas forcément visibles avec un débutant.

L’humilité

L’art martial tue l’ego, du moins c’est ce qui se dit. En 2007, lors d’un stage avec  Hiroo Mochizuki, je me souviens qu’il avait fini son cours par ce commentaire (la citation n’est pas exacte, mais pas loin) : « pour le salut final, les enseignants vont se mettre de ce cote et les élèves là. Toute la journée nous avons été mélangés – les ceintures sont les mêmes pour tous, ndlr – mais aujourd’hui les professeurs ont accepté de combattre. Et c’est bien parce que souvent on ne veut pas, parce qu’on prend des coups. Alors là vous verrez qui est professeur et vous pourrez dire ‘tiens lui je lui en ai mis une’. Des fois des gens viennent me voir et on fait un combat. Des fois je prends des coups et c’est bien ». Il y avait tout dans cette remarque, une volonté incroyable de continuer à progresser malgré son statut et un refus de se poser en maitre intouchable.

Aujourd’hui comme avant, je participe à tous les randoris avec mes élèves, et je tente parfois des choses improbables (et qui ne marchent pas toujours). Rater me donne des pistes de travail et je n’ai pas de problème à ce que mes élèves me mettent en difficulté. C’est mon rôle de trouver les solutions et d’augmenter mon niveau pour les faire valser et non le leur de me rendre la vie facile.

Ce choix ne convient probablement pas à tout le monde, mais il est parfait dans mon cas. Mes cours sont devenus l’un de mes entrainements, et mes élèves mes partenaires, me permettant de conserver mon plaisir intact sans aucune frustration.

  

On passe la seconde


 Apres des débuts un peu mollassons, les cours de NTJ à Hong Kong viennent de passer la seconde. Les premiers mois ont été relativement soft physiquement car je souhaitais donner un minimum de base a chacun avant d’augmenter l’intensité. C’est aujourd’hui chose faite et le cours d’hier a été plus intense que les précédents, ne serait-ce que sur les chutes.

L’échauffement a été composé à 90% de chutes et roulades. D’abord avec de simples roulades avant-arrière pour étirer la colonne, puis des roulades avant et arrière à genoux, puis debout, plaquées, roulées, avant, arrière, latéral, de plus en plus vite. La température est vite montée.

Nous avons ensuite travaillé 4 techniques (dont deux projections) puis elles ont été appliquées en randori en cercle. A nouveau avec une intensité croissante et des Uke qui mettent de plus en plus de pression. J’ai quelques autres idées pour augmenter la pression physique la semaine prochaine et obliger le cerveau à déconnecter et le corps à faire son travail.

La dernière demi-heure a été concentrée sur les techniques de base atemi. Une sorte de retour au calme donc puisque il s’agit plus de la grammaire de l’école que de techniques de défense à proprement parler.

Je suis très content des résultats, notamment sur les chutes qui s’améliorent a vue d’œil. Les prochains cours vont donc garder un rythme équivalent.

vendredi 19 octobre 2012

Courir après sa vie


Deux articles récents de Leo Tamaki m’ont particulièrement marque parce qu’ils font écho d’une certaine manière à ma situation actuelle.  Il s’agit de :


Le premier est donc un entretien avec Daniel Toutain et le fait que Leo comme lui ont une véritable soif d’apprendre et de découvrir que ça soit au sein de leur pratique ou non. Sans être au niveau de ces deux pratiquants, je me retrouve dans cette envie d’avancer toujours et d’aller toujours plus loin dans ma pratique des arts martiaux. 

Mais d’une certaine façon cet article rejoint le second. Une journée n’a malheureusement que 24h et parfois j’ai l’impression de passer ma vie à courir après ma vie. Il y a les arts martiaux bien sûr, le lancement du premier club de NTJ dans la région avec toutes les difficultés associées, et ma propre étude au travers de l’Aikido, de l’Aunkai et du Yoga. C’est aussi l’écriture d’articles (même ponctuels) sur ce blog, le site du NTJ de HK et Kanpai ainsi que quelques autres projets dont il est trop tôt pour parler.

En fait s’il n’y avait que les arts martiaux, ça serait très facile. Mais il faut bien sûr y ajouter un travail prenant, dans une ville qui ne connait jamais de pause, l’apprentissage de deux langues (mandarin et cantonais) et de deux écritures, et la photographie qui me prend également un certain temps. Aussi aberrant que ça puisse paraitre j’ai malgré tout encore une vie privée.

Bien sur rien ne m’oblige à faire tout ça et c’est un choix de ma part. Un choix peut être contre-productif d’une certaine manière. Mon principal défaut est probablement une incapacité totale à lâcher prise. J’aime la stimulation tant physique que mentale et rester en place a rien faire ne serait-ce que quelques minutes est déjà une torture. Le simple fait de lâcher prise pour s’endormir m’apparait d’une complexité redoutable. Mais comme je le disais d’une certaine façon ce besoin de stimulation est dans mon cas contre-productif et l’est toujours même si je me soigne. D’une certaine façon les arts martiaux demandent de savoir lâcher prise et de relâcher le cerveau et le corps. Et a l’heure actuelle si mon corps fait les techniques sans demander quoi faire à mon cerveau, il n’est pas dénué de tension. Loin de là. Le Yoga m’a déjà beaucoup apporté mais il est clair que j’en fais trop peu (mais en faire plus ne serait-il pas empirer les choses?).

Heureusement j’ai quelques solutions pour améliorer les choses, parfois des choses simples comme changer de système pour créer mes panoramas en photographie. Je gagne aujourd’hui plusieurs minutes par photographie, et en passant a un appareil permettant de prendre directement un panorama, je libèrerais encore plus de temps. Mon corps ayant décidé de se lever tous les jours à 6h20 (alors que mon réveil lui me propose 8h), je cesse également assez souvent de le contrarier et peux en profiter pour caler un entrainement le matin.

Une meilleure gestion de mon temps et apprendre a prendre mon temps sont peut-être les deux prochaines clés de mon évolution, martiale ou pas.

jeudi 4 octobre 2012

Bien préparer son voyage au Japon - l'e-book Kanpai



Une fois n’est pas coutume, je vais faire un peu de pub. Gaël est le webmaster de Kanpai.fr, site que certains d’entre vous connaissent probablement déjà puisqu’il traite de façon large tout ce qui touche au Japon, qu’il s’agisse de jeux vidéo, de mangas, de films, de voyage, etc. Depuis quelques temps, à la demande de Gaël, j’y écris également quelques articles sur les arts martiaux Japonais.

Kanpai est à mon avis un excellent site pour qui veut découvrir le Japon et en particulier pour ceux qui souhaitent visiter le pays. Gaël y va régulièrement, parle la langue et donne à ses lecteurs les moyens d’optimiser leur découverte de ce beau pays. C’est un travail de longue haleine (le site a été créé en mars 2000) et qui évolue avec son fondateur et ses lecteurs.

En complément du site, il existe aujourd’hui un e-book Kanpai : « Bien préparer son voyage au Japon ». Le contenu est en grande partie inédit et aborde des informations générales sur le Japon, avec des conseils précis et des bons plans pour organiser son voyage. Accessible sur ordinateur, tablettes, smartphone et Kindle, il me semble un très bon moyen pour aborder un voyage au Japon.
Pour plus d’infos sur cet excellent e-book, allez directement sur Kanpai!